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Santé mentale et pathologies chroniques

Journée du 7 Mars 2019 organisée par France Assos Santé Paris.

Y assistait Marie-Laure Férial (ALDUS) : résumé des Thèmes abordés

Matin :  thème « maladies chroniques et répercussions psychiques » :

                1er « de mes AVC, j’ai subi, j’ai vaincu, j’ai vécu » par un témoin originaire de Nedde !

Après une pub extra sur son Limousin, il a décrit son accident d’AVC et son contexte :

Atout = prise en charge rapide par le CHU de Limoges, récupération difficile mais résultat obtenu de la parole et du vocabulaire perdu, reprise d’activités de loisirs qui lui plaisaient.

                2ème « la douleur chronique : corps et esprit à l’épreuve » : y est abordé par un membre de l’AFVD (association francophone pour vaincre la douleur) comment la douleur et sa souffrance conduisent vers la dépression, voire le suicide ; constat est fait de manque d’écoute, de non prise en compte de la douleur et donc d’une errance diagnostique problématique

3ème « la fibromyalgie et dépression : une fatalité ? » par un membre de Fibromyalgie France: là aussi errance diagnostique devant cette symptomatologie polymorphe et les douleurs qui conduisent souvent vers la dépression, bien avant que le diagnostic soit enfin posé. Reconnaissance de méthodes +ou- efficaces pour vivre avec.

                4ème « pourquoi » par une patiente atteinte d’1 maladie rare (d’Ehler-Danlos) qui crie le calvaire des maladies rares dont le diagnostic met plusieurs années à sortir ; point positif= site Orphanet.

Thème » troubles psychiatriques et atteintes somatiques :

                1er « les comorbidités somatiques et la santé mentale » par Dr Saravane d’Etampes spécialiste en médecine interne; il décrit son « Centre régional douleur soins somatiques et santé mentale » avec donc une approche globale du patient ; alerte sur le taux des comorbidités et surmortalité chez des malades psychiques comme les schizophrènes. Il a été un de ceux qui ont fait créer des postes d’assistanats généralistes dans certains hôpitaux psy.

                 2ème « un autre regard » par un représentant de l’Unafam, elle-même psychiatre qui déplore que la Psy est vraiment parent pauvre, que les malades psychiques sont encore trop stigmatisés et soulève la grande souffrance des aidants en particulier les familiaux

3ème « le rôle bénéfique de la Pair-Aidance réelle » par un témoin patient bipolaire depuis ses 15 ans et dont le diagnostic est tombé vers 45 ans ; il souhaite que l’ETP soit moins hospitalo-centrée et plus investie par des pairs ; il plaide beaucoup pour les groupes d’échanges et l’entr’aide qu’on peut y trouver ; Dr Saravane est intervenu pour informer sur la mise en place de plusieurs types de centre comme celui d’Etampes (en <NA : 3 dont 1 à Limoges)

Après-midi : thème » Expériences et résilience » :

1er « La résilience, une voie dynamique de reconstruction » : par Pr Florence Askenazy du CHU Nice : elle insiste sur le caractère uniquement individuel du processus qui est non figé et interactif ; précise qu’il est fluctuant selon l’épigénétique cad l’environnement et s’il n’est pas démontré d’effet majeur de la génétique, il y aurait une interactivité environnement-gènes. En tant que psychiatre de l’enfant elle insiste sur le fait que plus le traumatisme est précoce, moins la résilience sera consolidée, d’où la grande vulnérabilité du tout petit. L’accompagnement est la clef de voûte de la résilience. Il y a peu d’études de cohortes ; Mais l’Etude DUNEDIN (Nvelle Zélande) montre que les personnes en difficultés cognitives sont le plus à risque de traumatisme. Des thérapies ciblées sont utilisées et surtout un accompagnement à long terme.

             2ème « Corps et âmes le retour » par un membre de club cœur et santé :

De nouveau abordé l’approche systémique de la santé et l’intérêt d’un patient référent dans l’ETP qui co-anime l’ETP pour un nouveau patient. ; Mais regret est redit de la prise en charge en saucisson des patients, et même l’organisation des associations de malades

3ème « ma BPCO m’a ouvert d’autres horizons » : par un témoin patient (FFAAIR) qui décrit comment il a pu relever la tête de cette maladie handicapante en investissant le monde associatif

               4ème« Douleur chronique et ETP » par une personne de l’AFVD qui conduit des ETP : elle explique que l’ETP n’est pas de l’info transmise par le médecin, ni de l’accompagnement, mais un programme pour « éduquer » le patient aux fondamentaux qui vont l’aider à vivre sa maladie au quotidien ; elle précise que l’AFVD établit des programmes transverses entre les pathologies)

5ème« Le rétablissement par l’accompagnement-passerelle entre le somatique et le psychique » par un patient de l’Afa Crohn RCH France. Tout en rappelant les faiblesses et défauts du système qui devient un parcours du combattant pour l’usager, il relate de façon concrète son rôle « patient expert- enseignant » ; mais il avoue que cela finit par poser la question de la professionnalisation de ces rôles-là.

 

La journée s’achève sur des échanges avec la salle sur la question qui « veut-on faire bouger et comment » à partir des réponses obtenues de questionnaires préalablement diffusés aux participants lors de leurs inscriptions.

DESERTS MEDICAUX : OSONS LE SERVICE PUBLIC

Dans le cadre de l’aménagement de certaines zones de territoires, des élus ont été amenés à palier la carence de distribution de carburants pour offrir ce service de proximité à nos concitoyens. Ces élus se sont donc substitués à un service qualifié de libéral.

Différentes solutions ont été imaginées par les élus locaux pour répondre à ce qui est appelé « déserts médicaux », avec des succès très inégaux.

L’Association limousine des usagers de la santé dès 2009 avait imaginé une solution qui pourrait parfaitement s’adapter à la proposition n° 12 de la liste des mesures prises par la Ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes (pacte santé territoire lancé le 13 décembre 2012)

Cette solution consiste à créer des postes de professionnels de santé à statut hospitalier rattachés à des hôpitaux de proximité et dont leurs lieux d’exercice (maisons de santé pluridisciplinaires) se situeraient dans ces zones en difficulté.

Cette solution permettrait :

-de garantir l’avenir du secteur hospitalier existant, souvent de médecine de suite, de long séjour ou d’EHPAD et son inscription renforcée dans le plan hospitalier régional.

-de conforter l’activité médicale globale existant sur le secteur : présence médicale, médecine de premier recours, services de garde départementaux, etc…

-d’envisager une activité à temps partiel avec le secteur libéral en difficulté. Un travail juridique et administratif nécessaire avec les différentes tutelles serait alors fortement souhaitable.

-de répondre aux souhaits des jeunes praticiens, de leur garantir une évolution de carrière, de leur assurer une formation continue, de renforcer la coopération entre les hôpitaux de proximité et médecine de ville (proposition n°11), de fluidifier dans le temps la gestion des personnels sur les territoires, etc.

Naturellement cela représente un investissement financier mais il est déjà prévu sous une autre forme dans la proposition n°3 de la liste.

Les élus ayant déjà montré qu’ils étaient prêts, dans certaines situations, à fournir des locaux, nous sommes persuadés qu’ils seraient prêts à accompagner ce type de dispositif.

En conclusion il suffirait donc d’oser donner un statut hospitalier à ces « praticiens territoriaux ». Ceci permettrait ainsi de mettre fin à l’anxiété des élus locaux et de leurs concitoyens, et de vivre sereinement dans ces territoires actuellement en difficulté.

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Proposition n°12. Conforter les centres de santé dans les quartiers défavorisés ou en zones rurales quand « l’offre libérale, à elle seule, ne peut répondre à l’ensemble des besoins »

Proposition n° 11. Adapter les hôpitaux de proximité pour renforcer la coopération avec la médecine de ville et jouer un rôle important sur les territoires fragiles.

Proposition n°3. Revenu garanti dès 2013 et pour deux ans pour 200 «  praticiens territoriaux de médecine générale ». Le ministère a confirmé un revenu minimum de 55000 euros par an pendant deux ans.

 

aldus87@laposte.net

 octobre 2015

 

 

PASSEES LES BORNES, IL N’Y A PLUS DE LIMITES

A l’heure où l’on constate que la densité médicale est faible voir nulle dans certains territoires, certains médecins peu scrupuleux, dits « mercenaires », font monter les enchères pour des remplacements et fixent leurs conditions financières aux établissements. La seule réponse des pouvoirs publics par l’intermédiaire de notre ministre est de diminuer ces exigences ! Que fait le Conseil de l’Ordre des Médecins  « gardien de l’éthique ». ? Si ce système de remplacement n’est pas nouveau, il le devient par son ampleur et par ses conséquences. Continuer la lecture de PASSEES LES BORNES, IL N’Y A PLUS DE LIMITES