PASSEES LES BORNES, IL N’Y A PLUS DE LIMITES

A l’heure où l’on constate que la densité médicale est faible voir nulle dans certains territoires, certains médecins peu scrupuleux, dits « mercenaires », font monter les enchères pour des remplacements et fixent leurs conditions financières aux établissements. La seule réponse des pouvoirs publics par l’intermédiaire de notre ministre est de diminuer ces exigences ! Que fait le Conseil de l’Ordre des Médecins  « gardien de l’éthique ». ? Si ce système de remplacement n’est pas nouveau, il le devient par son ampleur et par ses conséquences.

Tout d’abord, il obère le budget des établissements. Ceux-ci, à la recherche de personnel, sont obligés de se plier aux exigences de ces remplaçants, alors que des contrats de praticien hospitalier à temps partiel, très encadrés, existent depuis très longtemps. Ainsi, il suffit donc à ces « mercenaires » de quelques jours de remplacement par mois pour s’assurer des revenus très confortables…sur le dos de la sécurité sociale.

Par ailleurs, cette situation révèle de leur part une méconnaissance complète du métier de praticien hospitalier qui ne consiste pas seulement à faire quelques consultations. En effet les praticiens jouent à fond leur rôle de cadre hospitalier. Ils animent toute une équipe, participent à l’accréditation de leurs services, font évoluer les techniques, font acquérir du matériel nouveau et plus performant, suivent régulièrement des formations d’actualisation médicale, participent à la recherche clinique et fondamentale, à la formation des étudiants dans toutes les filières, et surtout prennent en charge sur le long terme les patients souffrant de pathologie chronique…Et tout cela avec l’humanité et l’empathie attendues quel que soit l’état psychologique personnel de l’instant de ces praticiens. En clair, ils assument et assurent l’existence et la pérennité du service public.

Cette situation révèle aussi un profond mépris des médecins en zone sous dense qui ne peuvent pas prendre leur retraite pour ne pas laisser leur patientèle sans interlocuteur.

A long terme, ils détruisent le service public hospitalier. En effet les praticiens hospitaliers, qui respectent leurs obligations pour un salaire très en dessous de celui de ces mercenaires et une durée de travail hebdomadaire importante, se trouvent ainsi ridiculisés. Pourquoi le resteraient-ils ? Il leur suffit de démissionner collectivement et de dicter leurs exigences. Alors les budgets explosent et on assiste ainsi à l’implosion de notre système de santé.

C’est pourquoi nous demandons à ce que des mesures prises par les pouvoirs publics ne permettent plus une telle pratique et que le Conseil de l’Ordre des médecins prenne des sanctions. La Sécurité Sociale, qui est aussi l’employeur indirect des médecins en exercice libéral, doit être aussi à même de prendre des sanctions, d’avoir un droit de regard sur l’installation des médecins en liaison avec le Ministère de la santé pour satisfaire les besoins de la population sur l’ensemble du territoire.

L’exercice libéral de la médecine peut exister certes, mais dans un cadre régulé au bénéfice de la population.

Rappelons donc que la Sécurité Sociale est un bien commun, et non une pompe à finances  sans fond, et qu’à ce titre elle doit être respectée par tous les acteurs. C’est le seul moyen de sauver notre système de santé.

 

 

 

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